lundi 23 juin 2008

"pourquoi partir"

« Pourquoi partir ? Tu n’es pas bien ici ? »

C’est la question que l’on me pose lorsque j’annonce mon départ outremer.

Pour comprendre, il faut d’abord savoir comment fonctionne notre super système administratif.

Lorsque qu’on souhaite aller dans une ville ou un lycée précis, on n’est d’abord jamais sur d’y arriver ! Il faut d’abord entrer dans l’académie à laquelle appartient cette ville. C’est ce que l’on appelle le « mouvement inter académique », ou « l’inter » pour faire plus court.

Donc pour rentrer dans une académie, il faut évidemment qu’il y ait des postes de libres, soit par création, soit par départ à la retraire, soit par mutation d’un autre prof qui souhaite aller ailleurs (et ceux qui ont réussi a atterrir dans le sud de la France n’ont généralement pas envie d’en partir, ce qui verrouille les postes jusqu’à la retraite)

Pour avoir le droit d’entrer dans l’académie, il faut avoir suffisamment de points : ces points sont calculés en fonction du nombre de postes vacants (si un seul poste est disponible, il faudra beaucoup, beaucoup de points pour entrer). Ensuite, pour chaque prof, un calcul individuel est réalisé, tenant compte de la situation familiale (séparé du conjoint et de ses enfants), du nombre d’année d’ancienneté dans le poste (ça, ça ne rapporte presque rien), de l’échelon (en gros 10 points par échelon), du classement en zone d’éducation prioritaire pour le poste sur lequel on est déjà (ça, ça rapporte beaucoup)…

En fonction de ces critères, j’arrive au score royal de 124 points pour le mouvement inter académique 2008.

Le tableau suivant montre le barème pour entrer dans chaque académie dans ma matière.


Pour Nice, le barème d’entrée est de 835 points pour la rentrée 2008. La personne entrant est une femme ayant deux fois moins d’années d’enseignement que moi, mais ayant eu la « chance » de travailler en ZEP et d’être séparée de ses enfants depuis 2 ans… inutile d’être agrégé, de se casser le popotin à faire des supers cours, bref d’essayer d’être au top, cela ne sert strictement a rien

Donc à part Amiens, Caen, Créteil, Besançon, Lille, Versailles, impossible d’aller ailleurs

« Mais pourquoi es tu obligé de partir puisque tu es déjà dans l’académie de Nice ? »

Hé bien parce que depuis trois ans, je n’y suis qu’à titre provisoire, sur dérogation, et pour une année, reconductible à ma demande du moment qu’elle est dûment justifiée et qu’il y a des heures non attribuées.

Or ce n’est plus le cas cette année. Impossible donc de rester, d’autant plus qu’une situation familiale particulièrement délicate ne facilite pas les choses,

4 commentaires:

sandrine a dit…

bon ben mon petit bonhomme, c'est pas grave, tu profiteras du soleil et des noix de coco, les pieds dans l'eau et nous on continuera de penser bien fort à toi, à ton titi aussi, et puis on t'attendra... vive internet, au moins les contacts resteront malgré les distances... et puis qui sait, s'il faut c'est nous qui passeront te voir.... gros bisous mon petit bonhomme
sandrine

Sebastien a dit…

tous mes ami(e)s seront les bienvenus, même si ce n'est pas la porte à coté, et puis ce sera peut être l'occasion pour certains de venir dans un endroit où ils n'avaient pas prévu d'aller :)

quant a mon titi, comme sa mère a bien manoeuvré pour que je n'ai aucun droit sur lui, je ne sais pas quand je pourrais le revoir...

Stephanie a dit…

Seb , tu pars pour quelques mois , il faut que tu saches que tu peux toujours revenir sur notre île qui est sans doute moins idéale que celle où tu vas mais la Corse t'attend avec impatience.
Gros bisous, on pense à toi très fort...
Stéphanie, Jean-Marc et Franck.
Viens nous voir quand tu veux.

Sebastien a dit…

quelques mois, peut être plus, tu sais que notre section va disparaitre d'ici peu, et donc les postes seront encore plus restreints, et ca va donc limiter les possibilités de retour